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La ville de A a Z
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MUSIQUE
S’il y a bien une ville où la musique est reine, c’est Tel-Aviv. Dans les taxis, les kiosques, les magasins, les centres commerciaux et, bien sûr, dans tous les cafés, sans parler du Shuk Ha Carmel, dont le volume sonore atteint des sommets délirants et occupe 100% de l’espace. Comme dans n’importe quel pays, tous les styles sont représentés. Comme dans n’importe quel pays, il y a la Nouvelle Star locale, “Israel Idol”, et The Voice. Comme dans n’importe quel pays, il y a de tout… Sauf qu’ici cela revêt une dimension politique.
Israël étant un pays d’immigration, chaque vague a apporté ses préférences, constituant année après année un répertoire national. Du klezmer (venu d’Europe de l’Est) au folklore russe, en passant par la liturgie juive, tout cela s’est frotté au courant oriental mizrahi, venu des réfugiés juifs du Yémen, du Maroc, du Liban, de Syrie, d’Irak et d’Égypte… Avec, bien sûr, pour terminer le puzzle, les sonorités arabes venues de Palestine. À partir des années 1970, après la guerre, l’identité musicale d’Israël s’est affirmée avec des chanteurs tels que Shimi Tavori (d’origine yéménite), Matti Caspi ou David Broza. À cette époque aussi, le rock (et le look qui va avec) a fait son entrée avec entre autres Aviv Gefen, maquillé sur scène comme l’étaient les membres de Genesis, ou le groupe tatoué Orphaned Land. Au fil des ans, la musique mizrahi et le mélange orient/occident sont devenus tendance, mettant fin (en apparence) à la suprématie ashkénaze sur la société. Les Israéliens ont rapporté de leurs voyages en Inde le courant shanti et le style world music.
La musique raconte les fractures et les dingueries du pays. Israël est le seul au monde à avoir présenté un transsexuel (Dana International, en 1998) au concours de l’Eurovision et l’a d’ailleurs gagné ! Le pays a ainsi mis un coup de projecteur sur la scène LGBT. À l’opposé, c’est aussi le seul pays au monde à glorifier des rappeurs, des rockeurs ou des reggaemen ultrareligieux type Acharit Ayamim, The Fools of Prophecy ou encore le rabbin folkeux Shlomo Carlebach. La guerre, l’armée, la religion, les conflits avec les Arabes, le sort des Palestiniens, les difficultés de la vie sont au cœur des paroles. On retrouve aussi ces problématiques chez Keren Ann, Assaf Avidan ou Achinoam Nini en version soft. Côté rap, Subliminal a lancé au début des années 2000 le mouvement de hip-hop sioniste. Dernière star en date : Rita Jahanforuz d’origine iranienne, elle est aimée des deux peuples et son talent dépasse la crise.
Depuis un certain temps, les artistes ont commencé à chanter en anglais pour pouvoir s’exporter. Et malgré les appels à boycott de certains pays, certains connaissent des carrières internationales : Avishai Cohen est probablement l’un des meilleurs contrebassistes de jazz (Oxmo Puccino en est fan), la toute jeune Riff Cohen a fait la première partie des Red Hot Chili Peppers et, enfin, le groupe israélo-palestinien Boogie Balagan continue de soulever les foules. Car, sans larmes, pas de rire. Les parodies se font à la vitesse de l’éclair, Agent K s’en est fait une spécialité. Son clip tiré de I’m sexy and you know it de LMFAO est devenu “I’m jewish and you know it”, idem avec Gangnam Style devenu “Jewish Style”.
Alors, lorsque vous passerez au Shuk Ha Carmel, écoutez la cacophonie ambiante pour vous sentir vraiment en Israël. Et si vous avez encore des questions… foncez à Third Ear, les vendeurs de ce fabuleux magasin connaissent tout et vous expliqueront l’inexplicable